La forêt jardin : un écosystème comestible

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et produits au Québec.

Qu’on lui donne les noms de jardin-forêt, de forêt jardin, de forêt fruitière, de forêt comestible ou de jardin verger, c’est à la fois un concept très ancien et relativement nouveau. Durant des millions d’années, les humains ont prélevé une partie de leur nourriture dans la forêt. Il n’y a que 10 000 à 12 000 ans qu’ils ont commencés à cultiver des végétaux. Avec le temps cette pratique de cueillette a été en grande partie oubliée, mais elle revient sous une nouvelle forme : la forêt jardin.

Une forêt jardin est un système durable, autonome, résilient, productif sans avoir recours aux énergies fossiles, généralement sans besoins en eau (à l’exception des périodes de plantation) ni en engrais. Les objectifs d’un tel aménagement sont de produire localement des fruits, petits fruits, baies, légumes permanents, plus rarement éphémères, plantes aromatiques et médicinales, ainsi que des champignons. Ce n’est pas un concept rigide. Au contraire, il est ouvert et il en existe de nombreuses variantes aussi bien dans la conception que pour l’implantation.

À quoi ressemble une forêt jardin? C’est un espace qui, selon les concepts, s’apparente à un verger organisé ou se rapproche d’une forêt ouverte.

À première vue les concepts de forêt et de jardin semblent s’opposer. Il y a effectivement dualité. La forêt est un espace libre, plus ou moins nourricier, alors que le jardin et le verger sont organisés, travaillés et productifs. La forêt jardin s’inspire de la forêt sans en être une. C’est une forêt ouverte, un espace où le couvert forestier est moins dense que dans une forêt traditionnelle, les arbres sont très espacés, il y a des clairières, et les lisières sont riches en plantes de soleil. C’est donc principalement une forêt d’arbres et d’arbustes fruitiers à laquelle on ajoute d’autres plantes nourricières et des plantes utiles à l’équilibre de l’écosystème.

Une forêt jardin s’organise généralement en strates. En partant du sol, on en distingue 3 :

  • La strate inférieure. Elle abrite des plantes permanentes ou éphémères, des couvre-sol et des champignons. On y plante donc des petits fruits rampants, des légumes, des fines herbes, des plantes pollinisatrices, des fleurs comestibles, des plantes grimpantes en couvre-sol, des plantes fixatrices d’azote, des plantes accumulatrices, des champignons exotiques au sol (sur bûche, sur paille, sur sciure, etc.) et on y laisse pousser les champignons sauvages;
  • La strate intermédiaire. Elle est composée de petits arbres, de gros arbustes et de grimpants. On y installe des arbres fruitiers nains et semi-nains, des arbustes fruitiers cultivés et sauvages, des arbustes à noix, des grimpants comestibles ainsi que de petits arbres, arbustes et grimpants fixateurs d’azote;
  • La strate supérieure. Aussi appelée canopée, elle est confectionnée avec de grands arbres. On y met en terre des fruitiers standards greffés et sauvages, des arbres à noix et des arbres fixateurs d’azote.

On peut aussi l’organiser par couches. En partant du sol, on discerne les couches suivantes :

  • Racines : légumes racines, bulbes et tubercules
  • Couvre-sol : plantes permanentes basses, petits fruits bas
  • Éphémères : plantes comestibles, fines herbes, pollinisatrices, fixatrices d’azote, champignons
  • Vivaces: plantes permanentes comestibles, fines herbes permanentes, pollinisatrices
  • Grimpants: plantes grimpantes éphémères et permanentes
  • Arbustes: petits fruits, fruitiers très nains, arbustes à coque
  • Petits arbres et gros arbustes: fruitiers nains et semi-nains, arbustes à petits fruits de grandes dimensions
  • Arbres: fruitiers de type haute-tige, arbres à coque, arbres fixateurs d’azote

Il faut voir la forêt jardin comme un écosystème. Il est composé de différentes strates végétales, habitées de petits animaux, comme les rongeurs ou les vers de terre, par des oiseaux ainsi que par des insectes pollinisateurs, utiles, ou ravageurs. Le sol riche en matière organique offre un milieu idéal à la vie pour la faune et la flore, que ces organismes et microorganismes vivent en surface, comme les champignons, ou sous terre.

Une forêt jardin présente plusieurs avantages. Ce sont :

  • la réduction du travail du sol. Il n’y a pas de retournement ou de brassage;
  • l’utilisation optimum de l’espace;
  • la régularisation hydrique efficace;
  • le contrôle du développement des espèces exotiques envahissantes;
  • le soutien à la biodiversité en constituant un refuge pour les plantes cultivées et sauvages, ainsi que pour la faune;
  • le stockage du carbone;
  • la restauration des paysages;
  • l’inspiration et la nourriture de l’âme pour les gens qui la fréquente.

Les quelques inconvénients tiennent à sa mise en place. Une forêt jardin est :

  • difficile à concevoir, car il manque beaucoup de données sur ce « nouveau » concept;
  • complexe et longue à implanter, en général de 3 à 5 ans, certains de ses avantages, réduction du temps de travail, etc., prenant plusieurs années à se manifester.

Idéalement on implante une forêt jardin sur un grand terrain. Toutefois, il est possible d’en créer une sur un petit terrain, mais c’est plus compliqué. On est alors plus près d’un concept d’un verger libre avec des cultures associées que d’une véritable forêt.

Pour réussir un projet de forêt jardin, on doit respecter 2 principes. On évite que les strates successives ne se fassent trop d’ombre et on installe les plantes les plus hautes dans la partie nord et les plus petits dans la partie sud.

Lors de la mise en place de la forêt jardin, il est parfois difficile de s’y retrouver, car plantes herbacées et ligneuses n’ont pas les mêmes besoins. Les plantes herbacées préfèrent un sol riche en bactéries alors que les plantes ligneuses préfèrent quand celui-ci est fongique, riche en champignons souterrains. On prend en compte ses besoins spécifiques à la plantation, mais par la suite on laisse faire la nature.

Mettre en place une forêt jardin est un projet à long terme. Il faut plusieurs années, en général 5 à 6 ans, pour atteindre le plein potentiel de récolte. Par contre, une fois installée, la forêt jardin ne demande pas beaucoup d’entretien. À part la récolte, on intervient entre 1 et 3 fois par an.

Avant de se lancer dans un projet de forêt jardin, il est important de bien s’informer et de consulter des sources fiables.

2 comments on “La forêt jardin : un écosystème comestible

  1. Wen Rolland dit :

    Salutations. J’ai écouté avec intérêt votre entrevue. Étant à l’origine du terme Forêt Nourricière et enseignant le sujet depuis 2009, plusieurs aspect de vos propos m’ont semblées problèmatiques. Ce n’est pas aussi flou que ce que vous mentionnez, j’en ai créée de nombreuses depuis 2009 avec une une approche claire et logique. De plus, une Forêt Nourricière ne se place pas en Zone 5 selon la permaculture. La zone 5 est la zone naturel/non altéré où nous sommes plutôt passif et nous observons notre modèle qu’est la nature. J’ai écrit un guide pour la ville de Québec et plusieurs notions y sont clairement expliqué. Voici le lien : https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/environnement/agriculture-urbaine/docs/guide-sur-les-forets-nourricieres.pdf

    Au plaisir.

    Wen Rolland – Design Écologique

    1. Bertrand Dumont dit :

      Bonjour,
      Vous alléguez être à l’origine du terme forêt nourricière, pourtant c’est un terme que j’ai pu observer dans plusieurs publications. D’autre part, il n’y a aucune indication qu’il s’agit d’un titre réservé. Dans mon intervention, ce vocable est donc utilisé de manière générique et couvre plusieurs approches.
      Vous dites aussi que ce concept est clair, car vous vous référez uniquement à votre propre approche. Ce n’est pas l’analyse que je fais des différents concepts de forêts comestibles. Après avoir lu plusieurs ouvrages sur la question, je n’ai pas encore eu le temps de lire votre document, il m’apparait bien que ce concept est très ouvert et que différents auteurs y abordent une approche différente.
      Si vous désirez «fermer» votre concept, je vous invite à faire protéger le nom et à faire breveter votre approche, ce qui pour moi va à l’encontre de tous les principes de la permaculture.
      Depuis plusieurs années, je base mes communications sur le fait qu’il n’existe pas UNE approche, mais bien DES approches. En horticulture comestible (je suis un des rares à utiliser ce vocable et pourtant je n’en revendique pas la paternité). Je suis très fatigué de tous ces spécialistes qui nous proposent LEUR recette. J’essaye plutôt de donner des outils et des infos pour que chaque jardinier puise trouver ses propres solutions.
      Quand à la zone 5 en permaculture, là encore, on peut utiliser une approche rigoriste, ou s’adapter aux diverses situations. Je préfère l’adaptation.
      Mon balado reflète donc mon analyse de la situation et je vous laisse la vôtre. Si vous désirez faire connaître votre concept fermé, je vous invite à faire des balades ou à écrire un livre.

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