Les terrestres charançons et les mouches volantes

 

Cette émission est une présentation de Garant, créateur des outils Botanica.

Les charançons sont terrestres alors que les mouches sont aériennes. Par contre, toutes deux font des dommages aux racines, aux tiges et aux fruits qui peuvent être parfois confondus.

Les charançons

La présence des charançons se manifeste sur les racines par de minuscules tunnels qui s’enfoncent plus ou moins profondément dans les tissus. Les racines sont alors partiellement mangées. Avec certaines espèces, les feuilles sont plus ou moins dévorées et avec d’autres les fruits sont troués.

Bien que chaque espèce ait ses spécificités, on peut brosser un portrait général des charançons. Leurs œufs sont blancs à la ponte, puis jaunâtre brunâtre ou noirs selon les espèces. Les larves ont des têtes brun pâle et un corps blanc crème et sans pattes. Celui-ci peut porter des lignes et des points de différentes couleurs. Les adultes ont un corps brun rougeâtre ou noir, parfois recouvert de poils robustes, parfois d’écailles. Le rostre, une pièce buccale allongée et pointue prolongée par un bec ou un suçoir et qui sert à l’insecte pour se nourrir, est long.

Les charançons infestent les racines des carottes, céleris, panais, navets, aneths et persils; les feuilles et les graines des haricots, des pois et de plusieurs légumineuses; les fruits des poivrons, aubergines, tomates, cerises, pommes, prunes, bleuets en corymbe, poires et amélanchiers.

Pour le cycle de vie, il faut différencier les charançons des fruits des charançons des racines.

Les charançons des fruits peuvent produire plusieurs générations par année selon les conditions climatiques. Toutefois, certains insectes ne survivent pas aux hivers du Québec ce qui peut réduire le nombre de générations. Les œufs sont pondus à l’intérieur des bourgeons floraux et des jeunes fruits. Ils éclosent de 3 à 5 jours plus tard, donnant naissance à des larves qui perforent un trou, ce qui leur donne accès à l’intérieur des jeunes fruits afin de s’alimenter. Pendant environ 2 semaines, les larves consomment la chair ainsi que les graines des fruits. Arrivés à maturité, ils se transforment en pupes qui évoluent rapidement vers de nouveaux adultes. Le développement complet d’une génération se fait en général en 6 semaines.

Les charançons des racines produisent 1 à 2 générations par année. Les adultes hibernent dans le sol et quand ils sortent au printemps, ils se nourrissent de feuilles. Après l’accouplement, les femelles déposent leurs œufs sur les pétioles des feuilles. À la suite de l’éclosion, les jeunes larves pénètrent les pétioles, y creusent des galeries avant de parvenir aux racines. Jusqu’à ce qu’elles atteignent la maturité, les larves se nourrissent exclusivement de celles-ci. Après être sorties des racines, les larves se transforment en nymphes dans le sol. C’est alors que vers le début du mois de septembre émergent de nouveaux adultes qui, après s’être alimentés de feuilles, rentrent dans le sol pour hiberner.

Il n’est pas facile de contrôler les charançons. On peut ramasser les insectes adultes en disposant des planches de bois sous les plants, puis en les détruisant. L’introduction de certains nématodes permet de réduire la présence des larves dans le sol. Un traitement avec un insecticide à base d’ail peut être efficace uniquement quand les œufs sont exposés.

Les mouches

Chez ces insectes ravageurs aussi il faut différencier les mouches qui s’attaquent aux différentes parties de la plante. Quand les mouches parasites des racines, on note la présence de larves qui font de petits tunnels, ce qui entraîne une destruction partielle de celles-ci. Les larves des mouches entamant les fruits, les tiges et les racines y font de petits trous. Celles mangeant les fruits en occasionnent une chute prématurée.

Les mouches s’attaquant aux racines ravagent les carottes, échalotes françaises, navets, oignons, panais et radis. Celles qui mangent les fruits, des tiges et des racines rongent les choux, les semis de haricot et de pois, les piments, les poireaux et les poivrons. Plusieurs mouches dévastent les récoltes de légumes-fruits et de petits fruits.

Bien qu’il existe plusieurs espèces de mouches, on peut globalement les décrire de la manière suivante. Les œufs des mouches sont minuscules crème ou blancs. Les larves sont allongées, sans pattes et de couleur blanc crème. Les adultes ressemblent bien sûr à des mouches, au corps brun foncé à noire.

Le cycle de vie des mouches qui s’attaquent aux racines est différent ce celui des mouches mangeant les fruits.

Les mouches des racines font 2 générations par année au Québec. Elles hibernent sous forme de pupe dans 10 cm du sol. Les adultes émergent entre la fin-mai et le début juin, ils s’alimentent et s’accouplent sur des plantes-abris puis les femelles fécondées vont pondre leurs œufs dans le sol à proximité des plantes cultivées. Les œufs éclosent après environ 7 jours et c’est alors que les jeunes larves commencent à s’alimenter sur les radicelles au fur et à mesure où elles arrivent à maturité, par la suite elles dévorent les racines plus grosses racines. À maturité, les larves quittent les racines pour entamer leur pupaison dans le sol et de nouveaux adultes émergent de la mi-août à la mi-septembre. Ils donnent naissance aux larves qui passeront l’hiver sous forme de pupe.

Les mouches des fruits produisent une génération par année. Elles hibernent sous forme de pupe à l’intérieur du sol. Les adultes émergent du sol entre la fin juin et la mi-juillet et les femelles et vont pondre à l’intérieur des fruits. La ponte, qui s’étale sur une période de 2 à 3 semaines, produit entre 25 et 100 œufs. Pendant les 2 à 3 semaines qui suivent, les larves se développent et s’alimentent de la chair des fruits. Vers la mi-août, les larves matures quittent les fruits et se laissent tomber au sol où elles s’enfoncent d’environ 5 cm avant de se transformer en pupe pour passer l’hiver.

Il est possible de freiner le développement des diverses espèces de mouches en intervenant tôt. On pratique une transplantation hâtive et on installe tout de suite un filet anti-insectes. En début de saison, on favorise la présence des oiseaux. Durant la culture, on détruit régulièrement les plantes infestées. Comme les adultes se réfugient dans les herbes indésirables, un bon contrôle réduit la présence des mouches. Lors de la récolte, on laisse le moins de fruits possible au sol. On ne composte pas les résidus de la culture qui sont attaqués par les mouches. En dernier recours, on traite avec du savon insecticide, une préparation à base d’ail ou du Btk.

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