Blanc et mildiou: deux maladies aux symptômes comparables

Cette émission est une présentation de Garant, créateur des outils Botanica.

La présence du blanc est facile à identifier. On observe d’abord de petites taches vert pâle à jaunes, de forme circulaire à angulaire, qui se couvrent ensuite d’une poudre blanche, qui se développent sur la face inférieure des plus vieilles feuilles, celles qui reçoivent moins de soleil. La poudre blanche gagne ensuite la face supérieure des feuilles et les pétioles. La maladie se développe jusqu’à ce que les deux surfaces soient totalement recouvertes de blanc. Elle progresse du bas vers le haut du plant. Par la suite, en cas de grave infestation, les feuilles virent au brun, se fanent et meurent. Quand les pétioles des fruits sont infectés, la récolte est compromise.

Au jardin, le blanc survit à l’hiver sur les tissus infectés et sur les mauvaises herbes. Les champignons se réveillent quand la température atteint 10 °C, et ils sont totalement développés à 26 °C. Une température supérieure ralentit la progression de la maladie. Une humidité relative de l’air de 70 à 80 %, même par temps sec, sans pluie, leur est bénéfique. De plus, un sol sec et d’importantes variations de température entre le jour et la nuit favorisent à l’apparition de la maladie du blanc. Les spores sont déplacées par le vent.

La maladie du blanc attaque un grand nombre de plantes. Chez les légumes ce sont les betteraves, bettes à carde, choux, cerises de terre, concombres, courges, courgettes, épinards, haricots, laitues, melons, pastèques, piments, pois, poivrons, radis et tomates. Presque tous les fruitiers sont attaqués : abricotiers, amélanchiers, camerises, cassis, fraisiers, framboisiers, gojis, groseilliers, houblons, kiwis rustiques, mûriers des jardins, poiriers, poiriers asiatiques, pommiers, pruniers et vignes.

De manière préventive, dans la mesure du possible, on utilise des variétés résistantes. Elles sont généralement identifiées dans les catalogues des semenciers et des pépiniéristes. On n’arrose pas les feuilles des plants lorsque la température extérieure est élevée. On espace suffisamment les plantes de manière à permettre une bonne circulation de l’air. On peut aussi, quand l’espèce s’y prête, éclaircir son centre afin d’éviter une concentration d’humidité. On désherbe, puisque de nombreuses herbes indésirables sont attaquées par la maladie du blanc. On évite les engrais trop riches en azote.

Quand les symptômes apparaissent, on coupe et on supprime les parties atteintes, puis on traite avec une solution de soufre, de prêle, d’acide lactique et d’acide citrique ou de bicarbonate de soude. Une vaporisation du feuillage toutes les semaines avec de l’eau et du lait écrémé est efficace pour contrôler la maladie.

Les symptômes de la maladie du blanc peuvent facilement être confondus avec la maladie des taches anguleuses, surtout présentes chez les cucurbitacées et le mildiou.

Le mildiou

Il est caractérisé par des taches vert pâle qui apparaissent sur le dessus des feuilles. Le dessous des feuilles se couvre généralement d’un feutre gris à pourpre parsemé de points noirs visibles. À mesure que l’infection progresse, les lésions jaunissent, puis brunissent et les feuilles meurent. Étant donné qu’il existe plusieurs espèces de mildiou, les taches peuvent avoir des formes différentes, notamment anguleuses.

Comme le mildiou a besoin de tissus végétaux vivants pour se perpétuer, il ne survit pas à l’hiver québécois. Par contre, il persiste plus au sud et les spores sont transportées vers le nord sur de longues distances. Cette maladie atteint le Québec lors des orages qui éclatent au début ou en fin d’été. La dissémination se fait aussi par les éclaboussures. Il est possible que le mildiou hiverne sur des tissus vivants de plantes cultivées en serres avant de s’envoler vers l’extérieur.

Le mildiou se développe en conditions fraîches et humides. Dans un contexte d’humidité relative supérieure à 85 % à la surface des feuilles et un temps frais et pluvieux pendant plus de 24 heures, l’expansion de la maladie est rapide.

Bien que la température de développement optimale soit située entre 13 et 23 °C, la maladie se répand à des températures variant de 5 à 30 °C. Une température optimale en présence de fortes rosées, de brouillard ou de précipitation est propice au développement de la maladie. Si durant 4 jours, la température de nuit tourne autour de 15 °C et que les températures du jour oscillent autour de 25 °C, les conditions de contamination intense sont réunies. Dans les bonnes conditions, une nouvelle contamination directe peut se faire en une heure. Les symptômes de mildiou surviennent de 4 à 12 jours après l’infection initiale. Une fois établi, le mildiou se répand rapidement et détruit les plants prématurément, ce qui cause d’importantes pertes de rendement. Les fruits des plants infectés sont souvent petits et difformes.

On observe la présence du mildiou chez les aubergines, betteraves, bettes à carde, chicorées, choux, échalotes françaises, épinards, haricots, laitues, navets, oignons, piments, poireaux, pois, poivrons, pommes de terre, radis, tomates, concombres, courges, courgettes, melons et pastèques. Chez les fruitiers il contamine principalement le houblon et la vigne.

Par prévention, on plante en sol bien drainé et on évite les excès d’azote. On s’assure d’une circulation d’air adéquate entre les plants. On évite de mouiller les feuilles et donc d’avoir recours à l’irrigation par aspersion. On privilégie l’irrigation le matin afin de faciliter un assèchement rapide des feuilles. Idéalement, on utilise un système d’irrigation goutte à goutte, par mini-asperseur ou par tuyau suintant. Le désherbage du jardin potager est aussi une bonne précaution. On peut traiter de manière préventive ou dès que les premiers symptômes apparaissent. Quand la maladie est présente, on traite avec une solution à base de cuivre, de prêle, d’acide lactique et d’acide citrique ou de bicarbonate de soude. Par temps humide, le fongicide est appliqué tous les 5 à 7 jours. Par temps sec, entre de 7 à 10 jours. On s’assure que le produit est bien appliqué sur toute la plante, dessous des feuilles comprises. Idéalement on utilise les biofongicides en alternance.

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