Inutile de couper la poire en deux!

Cette émission est une présentation de Garant, créateur du Jardin modulaire Botanica.

  • Originaires de l’Eurasie, les poires sont cultivées depuis le néolithique. C’est à partir du moment où elles ont été introduites en Italie par les Romains que les variétés ont commencé à se développer. On en compte aujourd’hui de 2 000 à 3 000. Les poiriers ont la particularité d’avoir une grande longévité : jusqu’à 250 ans.

Les poires sont des fruits allongés et renflés à la base, mais certaines variétés sont plutôt rondes. Elles ont une chair blanche ou jaune pâle, au goût doux et sucré, qui est plus ou moins juteuse et fondante selon le degré de maturité. Ce sont d’excellentes sources d’antioxydants (dans la pelure) et de fibres alimentaires, ainsi que des sources de cuivre et vitamines C et K. On distingue les variétés d’été à consommer rapidement et les variétés « d’hiver » qui se conservent plusieurs semaines après la récolte. Ces dernières ont parfois une texture un peu plus granuleuse.

La pomme-poire ou poire asiatique n’est pas un hybride entre ces deux plantes. Son nom lui vient de sa forme plus ronde que chez une poire. Sa peau lisse, plus ou moins fine est comestible. La chair, généralement blanche, est plus ou moins croquante, légèrement sucrée et très juteuse.

Les poires peuvent être cultivées sous les formes d’arbres-tiges, taillés ou d’espaliers. Les deux derniers types de formes sont obtenus grâce au greffage et à des tailles sévères. Ce sont les poiriers qui se prêtent le mieux à la formation en espalier. Comme ils sont peu rustiques, on choisit des emplacements chauds et ensoleillés.

Il faut compter de deux à quatre ans après la plantation pour obtenir une production régulière de fruits. Pour les poiriers la pollinisation croisée est indispensable. Idéalement, on utilise les variétés ayant les mêmes dates de maturation. On peut prendre en compte les poiriers présents dans les jardins situés à 200 à 300 mètres aux alentours.

À cause de la sensibilité de certaines variétés aux maladies, la culture des poiriers peut être difficile. Afin de se faciliter la tâche, on évite les poires… populaires : ‘Bartlett’, (‘Yellow Bartlett’, ‘Williams’ ou ‘Bon Chrétien’), ‘Flemish Beauty’ (‘Beauté Flamande’), ‘Bosc’ (‘Beurré Bosc’) et ‘Clapp’s Favorite’ (‘Clapp’s’ ou ‘Clapp’). Toutes sont sensibles à la brûlure bactérienne. On choisit des variétés résistantes aux maladies parmi les poires traditionnelles : ‘Anjou’ ou ‘Beurré d’Anjou’, ‘Conférence’, ‘Savignac’ ou les poires de la série Harrow et Harovin qui sont très résistance au feu bactérien et aux maladies en général.

Les poiriers sont des plantes moyennement gourmandes et moyennement assoiffées qui aiment le plein soleil. On les installe donc dans un sol plus ou moins riche, meuble et bien drainé. On évite d’installer des poiriers dans les sols lourds. Sinon, la plantation se fait comme pour les autres fruitiers. Comme on n’enterre jamais le collet, on n’enterre jamais un point de greffe. On s’assure que les plants ne manquent pas d’eau les trois premières années après la plantation. Comme ils ne sont pas assez rustiques, il est déconseillé de les cultiver en pot.

Faire une bonne taille de fructification est compliqué. Toutefois, en appliquant les principes de la taille raisonnée, un jardinier amateur obtient de très bons résultats. Les poiriers supportent très bien la taille, même sévère.

Les principes de la taille raisonnée sont les suivants :

  • orienter les rameaux pour que la plus grande surface de la plante reçoive du soleil (sur les panneaux solaires);
  • éclaircir le centre de l’arbre pour faciliter la pénétration de l’air et de la lumière;
  • supprimer les rameaux généralement très érigés, dits gourmands, qui utilisent de la sève pour leur croissance au détriment de la mise à fruits;
  • diriger les rameaux à l’horizontale (production de fruits) plutôt qu’à la verticale (production de feuilles);
  • supprimer les branches ou les rameaux trop près du sol et qui nuisent aux travaux d’entretien;
  • supprimer les éléments trop faibles, abîmés, attaqués par des insectes ravageurs ou des maladies ou morts;
  • enlever les branches qui se croisent et qui risquent de se blesser mutuellement;
  • établir l’équilibre entre les rameaux à branches et les rameaux à fruits;
  • simplifier la charpente;
  • alléger le poids des fruits sur la plante, notamment quand elle est jeune;
  • supprimer les drageons au pied des arbres greffés ou des plantes en produisant;
  • respecter le port naturel de la plante ou celui qu’on lui a imposé.

À l’exception de la taille, l’entretien est assez facile. On fait un apport annuel d’engrais naturel ou, si c’est possible, de compost. On ajoute la fertilisation au sol, au printemps, une fois que les fruits commencent à apparaître. Afin d’obtenir de gros fruits et d’éviter les risques de bris des branches, on pratique l’éclaircissage. Cette technique consiste à ne conserver que deux à trois fruits par bouquets de jeunes fruits. La plante ne doit pas manquer pas d’eau durant les périodes de sécheresse.

Les principaux ennemis des poiriers sont les maladies : tavelure, blanc, rouille, chancre et pourriture noire des fruits. On peut les contrôler par la sélection de variétés résistantes et l’utilisation de produits naturels comme le soufre, le cuivre et la prêle. À noter qu’il n’existe aucun traitement accessible pour combattre la brûlure bactérienne. Les insectes ravageurs sont les acariens, chenilles, tordeuses, pucerons et vers de la pomme. On les contrôle en étant tolérant, en favorisant la biodiversité et en utilisant des produits naturels comme le savon insecticide ou le Btk ou encore avec des préparations à base d’ail ou de piment. Les oiseaux peuvent faire des dégâts quand les fruits sont mûrs. On utilise alors des filets. Les poiriers sont très sensibles aux déséquilibres en matière d’éléments nutritifs. Il faut donc vérifier que l’on n’a pas affaire à une carence avant de diagnostiquer une maladie.

Les poires de consommation rapide se récoltent quand la chaire s’enfonce légèrement sous la pression des doigts, que le parfum est bien prononcé et que lorsqu’on tourne légèrement le fruit, le pédoncule lâche facilement, sans que l’on ait à faire d’efforts. Les fruits continuent à mûrir une fois cueillis. Les poires de conservation sont cueillies vertes et on les fait mûrir au réfrigérateur ou dans une pièce froide et humide.

Les poires se conservent à l’air libre d’un à quatre jours. Suivant le degré de mûrissement au moment de la cueillette, on les garde de cinq jours à trois semaines au réfrigérateur. Pour la conservation à long terme, durant plusieurs mois, la meilleure manière consiste à les placer sur un rang d’épaisseur, dans un endroit obscur, dont la température oscille entre 1 et 7 °C et l’humidité entre 85 et 90 %.

Les poires fraîches se mangent au couteau. Les cuites en tartes, compotes, confitures, coulis ou gelées. On peut aussi les sécher ou les transformer en jus, en liqueur, ou en parfumer les eaux-de-vie.