Un jardin fruitier vertical, c’est réalisable!

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Pour la majorité des gens, un jardin fruitier demande beaucoup d’espace. Pourtant, grâce à des techniques souvent ancestrales, il est possible de créer un jardin fruitier à la verticale, peu demandant en terrain et donc particulièrement adapté pour les jardins urbains.

Il existe des avantages et des inconvénients à la mise en place d’un jardin fruitier vertical. Le premier avantage est bien entendu le peu d’espace occupé au sol par les plantes. Cette approche qui réduit la dimension des plantes permet de multiplier les variétés, d’utiliser des zones « perdues » du jardin et de s’adapter à toutes sortes de conditions. Les plantes étant plus petites, il est plus facile de contrôler les insectes ravageurs et les maladies. L’inconvénient principal réside dans le fait que cette façon de faire demande un suivi plus important en termes de taille, que ce soit la taille annuelle ou la taille en vert. Étant donné que les arbres sont plus petits, les récoltes sont limitées. Ils sont aussi difficiles à se procurer dans le commerce.

Les fruitiers grimpants sont les plus vieilles formes de jardin fruitier à la verticale. Il s’agit tout simplement de laisser des houblons, des kiwis rustiques ou des vignes courir sur une structure comme un mur, une clôture, un treillis, une pergola et même un arbre, etc. La croissance peut être contrôlée ou libre, mais dans ce dernier cas, à plein développement, les fruits ne sont pas toujours faciles de récolter.

Plusieurs formes dites taillées peuvent être utilisées. Afin de créer des formes taillées ou en espalier, il faut choisir des variétés greffées sur des porte-greffes nains ou très nains, ce qui, naturellement, réduira les dimensions des plantes.

Le fuseau est composé d’une tige centrale forte sur laquelle sont distribuées, de manière équilibrée, de courtes branches. Ce sont les branches charpentières qui portent les rameaux à fruits. Les branches du bas sont généralement plus longues que celle du haut. On utilise des poiriers qui ont alors une forme conique.

La quenouille ressemble au fuseau, mais en moins strictes et régulières. Elle est formée de branches charpentières qui s’insèrent autour d’une tige centrale forte. La plupart du temps, les branches qui portent les rameaux à fruits sont réparties en étages. Les abricotiers, cerisiers à fruits aigres ou doux et les pommiers taillés en quenouilles demandent moins de tailles qu’un fuseau.

Le gobelet a une forme de vase montée sur un tronc plus ou moins court (40 à 60 cm) et il est composé de trois branches charpentières et n’a pas de tige centrale. Les abricotiers, les cerisiers à fruits aigres ou doux, les pêchers, les poiriers et les pommiers formés en gobelet demandent un peu plus de place que les fuseaux et les quenouilles.

Dans les formes en espalier, des branches spécialement sélectionnées sont dirigées afin de façonner une architecture régulière. Les branches du plant, généralement situé le long d’un mur ou d’une clôture, sont alors guidées sur un système de fil de fer mis en place avant la plantation. Avec cette méthode, les arbres ne mesurent que quelques centimètres d’épaisseur. Les arbres ainsi obtenus s’appellent aussi des palmettes et sont surtout utilisés pour les poires et les pommes. Utilisés depuis le 16e siècle et très populaires aux 18e et 19esiècles, ces espaliers sont tout à fait adaptés à la culture fruitière moderne en milieu urbain.

Les palmettes horizontales sont composées d’un axe central fort sur lequel sont disposées de chaque côté de celui-ci, en étages réguliers et parallèles (généralement à 30 cm de distance), quatre ou cinq branches horizontales.

Les palmettes obliques sont formées comme les palmettes horizontales, mais les branches sont obliques plutôt qu’horizontales. L’angle intérieur entre le tronc et les branches est de 45 º au lieu de 90º. Ces palmettes comptent rarement plus de trois étages.

Les palmettes tridents ont trois branches érigées. À partir d’un petit tronc, on conserve l’axe central, puis on dirige horizontalement, sur quelques centimètres, deux branches situées presque à la même hauteur avant de les diriger verticalement.

Pour les palmettes en U simple, sur un court tronc, on coupe la tige centrale de manière à obtenir des branches secondaires. Seules deux branches distancées de 30 à 40 cm du sol sont conservées.

Afin d’obtenir des palmettes en U double, on procède comme pour un U simple, mais par la suite on rabat une partie des deux tiges pour obtenir deux autres tiges espacées de 30 à 40 cm. Quant aux palmettes verriers, ce sont en fait un U dans un U. Sur un tronc très court, on procède comme pour la palmette trident. Par contre, au cours de la formation, la tige centrale est coupée pour former un nouveau U.

Les palmettes à la diable ont un tronc court, on forme deux charpentières symétriquement opposées, mais par la suite, au fur et à mesure de la croissance, on laisse se développer des sous-charpentières et des rameaux sans recherche de symétrie. En plus de convenir aux poiriers et pommiers, on peut diriger ainsi les abricotiers, cerisiers à fruits aigres ou doux et les pêchers.

Dans le cas des formes en cordon, on ne cultive qu’une seule branche, haute ou longue d’environ deux mètres, qui porte les rameaux à fruits. On supprime systématiquement les branches charpentières qui voudraient se développer. Le cordon peut être vertical, incliné ou horizontal. Il existe des cordons doubles, ou encore des cordons parallèles, simples ou doubles. Seuls les pommiers et les poiriers peuvent être conduits en cordon.

Les formes fastigiées sont des variétés de pommiers colonnaires. Très utiles dans les petits jardins, en contenant sur les balcons, terrasses, toits, etc., leur taille, leur entretien et leur récolte sont très faciles.

Les formes palissées sont appliquées à des plantes qui produisent de longues tiges souples qui peuvent être guidées sur un treillis ou un treillage de fil de fer. On peut palisser la vigne, mais aussi les framboisiers, mûriers des jardins, cassis et gojis. Ces plantes peuvent être palissées selon la technique de l’espalier. On ne conserve alors que quelques branches sur une faible épaisseur. Le palissage en V consiste à placer deux fils de ver de chaque côté des plants.

À l’exception des formes fastigiées et palissées, il est souvent difficile de se procurer ces plantes. C’est particulièrement le cas pour les palmettes dont le transport est coûteux. Le travail de taille de formation rend aussi ces plantes assez chères. Il est toutefois possible de les faire soi-même. On part alors d’un scion ou fouet, souvent peu coûteux, en fait une tige unique que l’on taille de manière à obtenir la forme souhaite. Ce n’est pas cas compliqué, c’est juste long et cela demande un bon suivi.

Le jardin fruitier à la verticale se planifie comme n’importe quelle autre forme de jardin. On prend en compte les fruits que l’on aime manger, on sélectionne les espèces les mieux adaptées au terrain et les variétés les plus appréciées par la famille. On respecte les principes de pollinisation : autofertile, pollinisation croisée, etc. Il existe cependant un élément particulier qu’il faut prendre en compte. Comme le terrain se trouve en milieu urbain, voire très urbain, il est utile d’ajouter des plantes qui attirent les insectes pollinisateurs et les insectes utiles. On plante ces fruitiers comme n’importe quels autres arbres ou arbustes. On l’entretient comme un jardin fruitier ordinaire. Seule la taille peut être différente.

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