Plantation des arbres et arbustes fruitiers : de nouvelles données

Cette émission est une présentation de Garant, créateur des outils Botanica.

Plantation des arbres et arbustes fruitiers : de nouvelles données

La plantation est une source de stress pour les végétaux. Dans la nature, une plante naît, pousse et meurt à l’endroit où les « éléments » (faune ailée, vent, eau, etc.) l’ont placée. Elle n’a jamais été « conçue » pour être changée de place. Déplacer une plante d’un endroit à l’autre entraîne donc un choc de transplantation. On devrait donc mettre en place une stratégie de plantation adéquate afin de minimiser les impacts négatifs de la plantation sur la plante.

La bonne période

Pour les plantes à racines nues, qui sont hors saison de croissance, on plante tôt au printemps, après les périodes de fort gel et avant les fortes chaleurs, quand elles ne portent pas de feuilles. On peut aussi le faire à l’automne dès que les feuilles commencent à jaunir et avant les premières gelées.

Pour les plantes en pot ou en motte et en mini-motte, selon les régions on peut planter de manière continue, de la mi-avril à la fin octobre. On évite les périodes de gel intense et de canicule. On s’assure de pouvoir faire un bon suivi en matière d’arrosage. Une plantation printanière est conseillée, surtout en climat froid, car elle permet aux plantes de produire de belles racines ce qui facilite la croissance, un bon métabolisme des tiges, des branches et des feuilles, ainsi qu’une meilleure résistance aux intempéries hivernales.

Le bon moment

Une plantation tôt le matin ou à la fin d’une journée ensoleillée, ou encore par temps nuageux, permet de profiter de la fraîcheur ambiante. On évite ainsi le dessèchement des plants, surtout ceux à racines nues ou en mini-mottes.

Dans le cas où on n’a pas le choix de mettre en terre des plantes au plus fort d’une journée chaude et ensoleillée, on devrait prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les plants du dessèchement. Après tout, ce ne sont pas seulement les humains qui souffrent de la chaleur lors de telle journée.

La manipulation des plants

Le chargement et le déchargement sont des moments critiques. Elle doit être entourée de précautions afin d’éviter des bris aux tiges et aux branches, ou des blessures sur les troncs. C’est pour cela qu’ils doivent être réduits au minimum. On conseille d’aller chercher les végétaux ou de les faire livrer, quelques heures, ou à peine quelques jours, avant la plantation. Idéalement, on les charge au centre horticole et on les décharge à proximité de l’endroit où aura lieu la plantation définitive.

Si l’on doit entreposer les plantes en pot pour quelques jours, on prend quelques précautions. On les installe dans un endroit à la mi-ombre ou à l’ombre afin de minimiser l’évapotranspiration durant cette période. Dans le cas où ce n’est pas possible, on vérifie quotidiennement, deux fois par jour en cas de canicule, le niveau d’humidité et on arrose au besoin. Les plantes cultivées en pot et en motte sont placées sur une surface plane, bien perpendiculaire au sol afin d’éviter des problèmes liés à l’irrigation. En tout temps, jusqu’à la plantation, il est impératif d’entourer les racines des plantes à racines nues d’une toile qui est maintenue constamment humide. Attention! si des racines sèchent durant une à deux heures, les perspectives de reprise sont divisées par deux. Pour les entreposer, on choisit un espace à l’abri du vent, du soleil ou du gel. Idéalement on plante le jour de la réception. Si ce n’est pas possible, on protège les racines. On peut aussi enterrer temporairement les racines et dans tous les cas on surveille régulièrement les arrosages.

La préparation des plantes

Quelques minutes avant la plantation, on coupe, à l’aide d’un sécateur, un ou deux centimètres à l’extrémité des plantes à racines nues. On supprime aussi les racines abîmées lors de l’arrachage afin d’encourager l’émission de radicelles, ce qui facilite ainsi la reprise.

On procède ensuite au pralinage des racines. Cette méthode consiste à mélanger, dans un grand bac ou une brouette, une partie de terre à jardin pour une partie de compost. Une fois bien mixé, on humidifie ce mélange de manière à obtenir une boue qui colle aux racines. On les plonge dans cette préparation afin de les protéger et de les empêcher de dessécher.

Étant donné qu’au moment de l’arrachage, on détruit aussi l’équilibre entre les feuilles et les racines, à la plantation, avant le début de la croissance, on pratique une taille sévère des branches. L’objectif est de supprimer environ un quart de la surface foliaire potentielle.

Avant de procéder à la mise en terre, des plants en mini-motte, on s’assure que celle-ci est gorgée d’eau. La taille de nettoyage, les plants sont souvent trop petits pour être rabattus, peut se faire avant ou après la plantation.

Il est primordial que le centre des mottes des plantes en pot soit bien humide. On arrose abondamment avant la mise en terre. Dans la situation où la motte est très sèche, plusieurs arrosages sont parfois nécessaires pour les humecter.

Afin d’apprêter la zone de plantation en pleine terre, sur un terrain gazonné, on enlève une galette de gazon (qui peut être compostée) d’un diamètre deux fois supérieur au diamètre de la motte ou des racines une fois étalées (plants à racines nues). Une bonne technique consiste à protéger, à l’aide d’une toile de plastique ou d’un panneau de bois, les parties gazonnées afin d’éviter le tassement.

Sur un terrain non gazonné, on supprime les herbes indésirables, particulièrement celles qui sont vivaces, puis on ramasse les débris, cailloux et autres éléments non désirés.

La plantation

À l’inverse de ce qui était recommandé jusqu’à récemment, en général, il n’est plus conseillé de modifier en profondeur les qualités d’un sol existant lors d’une plantation. Si l’on respecte leurs conditions de vie dans la nature (le bon arbre au bon endroit), les plantes s’adaptent au sol même si celui-ci a été très peu ou pas du tout modifié. Dans les faits, si l’on fait des apports de « bonne terre » trop importants au moment de la plantation, au bout de 2 à 5 ans, il est difficile pour les racines se développer dans le sol qui n’a pas été remanié au-delà de la zone de plantation. Toutefois, un apport plus ou moins important de compost ou de mycorhizes peut contribuer au bon établissement des végétaux.

Par contre l’ajout de compost et de mycorhizes peut être envisagé, sauf pour les éricacées. L’application de mycorhizes doit se faire directement sur les racines ou au pourtour de la motte qui doit être maintenue bien arroser.

Lorsque l’on procède à la plantation en pleine terre, la plante doit être installée à la bonne hauteur : le collet ne sera ni trop haut, ni trop bas. L’autre règle est de ne jamais recouvrir de terre un point de greffe, le renflement que produit la jonction du porte-greffe et du greffon à la suite du greffage. Font exceptions, les abricotiers, les pêchers et les pruniers cultivés en climat nordique. On évite ainsi l’éclatement du point de greffe dû aux froids hivernaux. Pour les arbres, on protège l’écorce du tronc, une partie sensible de la plante. Un point de greffe trop enterré, des blessures aux branches ou aux tiges, etc., peuvent avoir, à long terme, des impacts négatifs sur la vie des plantes, ainsi que sur la qualité et les quantités de fruits récoltés.

Planter des végétaux cultivés en pot
  • Étape 1 – on creuse un trou, dont les côtés sont légèrement inclinés. La largeur de la partie inférieure de la fosse doit correspondre environ au diamètre de la motte de la plante en pot. Son ouverture doit être d’une largeur égale d’au moins deux fois le diamètre de la motte. Dans les sols compacts ou argileux, il peut être bénéfique d’augmenter la largeur de la fosse jusqu’à quatre, ou même cinq fois, celle de la motte. La hauteur de la fosse de plantation doit être limitée à la hauteur réelle de la motte (en fonction du niveau du collet) qui doit reposer sur un sol non remanié et bien tassé.
  • Parfois, si la terre est de mauvaise qualité (ex. : remblaie), on peut creuser plus profondément. La décision est prise au cas par cas.
  • Étape 2 – sans sortir la motte du pot, on positionne la plante dans le trou de plantation. On vérifie ensuite que le collet ou le point de greffe sont bien à la même hauteur que le niveau final du sol. Au besoin, on enlève ou on ajoute un peu de terre. Une fois la bonne hauteur obtenue, on dépote la plante et on s’assure qu’elle est bien droite (particulièrement pour les arbres).
  • Étape 3 – on ajoute la terre de remplissage qui est idéalement la même que celle que l’on a retirée de la fosse. On peut y ajouter des mycorhizes. À moins que la terre ne soit trop argileuse, compacte ou très sablonneuse, il n’est pas recommandé d’amender le sol avec de la tourbe de sphaigne, du compost, etc. Par contre, dans un sol pauvre ne retient pas l’eau, ou qui ne laisse pas passer l’eau et les racines, on peut ajouter des amendements organiques. On utilise alors de ¾ à ⅔ de terre existante auquel on ajoute, selon les besoins de la plante, du terreau de plantation ou du compost. Ce qu’il faut éviter ce sont les changements abrupts de texture, les racines ayant alors tendance à demeurer dans la zone de sol amélioré. Quel que soit le mélange, on remplit par couches successives de 15 à 20 cm que l’on tasse, sans trop compacter. Si la terre existante est sèche, on doit procéder à de légers arrosages, directement dans le trou afin de s’assurer que le sol autour des racines est bien humecté.
  • Étape 4 – dans le cas des arbres, on ajoute un tuteur. On peut aussi planter deux, et même trois, tuteurs autour de l’arbre. Dans tous les cas, les tiges de métal doivent être assez longues pour s’enfoncer dans le sol d’origine. Dans le cas des gros calibres, on a recours au haubanage. Pour plus d’information, voir la section Le tuteurage.
  • Étape 5 – on complète le remplissage du trou en terminant par un léger tassement.
  • Étape 6 – on prépare la cuvette d’arrosage en faisant un bourrelet de terre autour du trou afin que l’eau y demeure au moment de l’apport d’eau ou lors des pluies. Les limites de la cuvette ne doivent pas excéder le diamètre de la motte.
  • Étape 7 – on complète l’installation des tuteurs par la mise en place des colliers en caoutchouc flexible, puis des fils de fer galvanisé que l’on raccorde aux tuteurs. On enlève la protection du tronc.
  • Étape 8 – on arrose en remplissant la cuvette. Si l’eau s’écoule rapidement, on recommence jusqu’à ce que celle-ci reste dans la cuvette quelques minutes.
  • Étape 9 – si on le souhaite, on peut couvrir la cuvette d’arrosage avec du paillis. Pour plus d’information, voir la section Le paillage. Une fois installé, le paillis doit permettre le remplissage de la cuvette avec de l’eau et ne doit pas étouffer le collet.
Planter des végétaux à racines nues

L’étape 1 est la même que pour la plantation des plantes en pot. Toutefois, pour ce type de plants, on recommande que le trou de plantation soit deux fois la largeur et deux fois la hauteur des racines. On s’assure que le fond du trou est bien meuble. Pour cela, on remue le sol à l’aide d’une pelle ou idéalement d’une fourche bêche. Il faut à tout prix éviter que cette couche de sol soit compactée. En cas de sol sec, on peut arroser le fond du trou. À l’étape 2 avec la terre remaniée, à laquelle on peut ajouter des mycorhizes, on façonne un dôme de terre au fond du trou afin d’épouser la forme naturelle des racines. Une fois la bonne hauteur obtenue, on coupe et on praline les racines. Les étapes 3 et 4 sont identiques. Seule différence, au moment du remplissage on s’assure que la terre rentre bien en contact avec les racines. De plus, si le sol est très sec, on peut arroser directement dans le trou, au fur et à mesure du remplissage, afin de s’assurer que le sol autour des racines est bien humecté. Les étapes 5 à 9 se font de la même manière que pour la plantation des plantes en pot.

Planter des végétaux en mini-mottes
  • Étape 1 – on creuse un trou qui doit être assez grand pour y faire entrer aisément la motte du plant. On recommande un trou d’un tiers plus grand que la motte. En cas de sol sec, on peut arroser dans le trou.
  • Étape 2 – on place la mini-motte dans le trou. Le plant doit être installé droit. Le haut de la motte ou le collet doit être au même niveau que le sol. Aucune racine ne doit dépasser et aucune branche ne doit être enterrée.
  • Étape 3 – en utilisant la terre d’excavation, on remplit le trou à la moitié et on tasse légèrement. Dans le cas d’un sol très compacté et pauvre, on peut ajouter du terreau de plantation, du compost ou des mycorhizes. Toutefois, cet apport ne devrait jamais représenter plus du quart du volume de terre du trou.
  • Étape 4 – on complète le remplissage du trou en terminant par un léger tassement.
  • Étape 5 – on prépare la cuvette d’arrosage en faisant un bourrelet de terre autour du trou afin que l’eau y demeure au moment de l’apport d’eau ou lors des pluies. On arrose en remplissant la cuvette.
  • Étape 6 – si on le souhaite, on peut couvrir temporairement le sol mis à nu avec du paillis. Toutefois, celui-ci ne doit pas combler la cuvette d’arrosage.
  • Étape 7 – si cela n’a pas été fait précédemment, on coupe les tiges endommagées et on enlève le feuillage abîmé.

En sol argileux, il n’est pas recommandé de planter sur une petite butte. Par contre, il est possible de la faire sur une grosse butte large et longue. La bonne technique consiste, en premier lieu, à choisir la bonne plante au bon endroit ou le bon porte-greffe pour le sol. Si les risques d’inondations sont très présents, on peut surélever la plantation de quelques centimètres, mais jamais plus de cinq.

Le tuteurage

Les arbres transplantés à racines nues doivent tous recevoir un tuteur. Leurs racines n’étant pas bien ancrées dans le sol, ils risquent d’être déstabilisés par le vent. Les arbres en pot ou en motte situés dans un endroit venteux devraient être tuteurés. Quand on installe un seul tuteur, on le place du côté des vents dominants. Ceux-ci doivent « éloigner » le tronc du tuteur, ce qui évite les blessures. Pour les arbres en motte, on le plante à l’extérieur de la motte et on le relie à l’aide de courroies à tuteurage ou de fil de fer et d’un morceau de tuyau récupéré.

La pose de deux tuteurs est préférable. On les installe de part et d’autre de la motte, perpendiculairement aux vents dominants. Le fil de fer et le tuyau récupéré sont installés à une hauteur maximale de 1,50 m (5 pieds) idéalement sous le niveau des premières branches. Les arbres ne devraient être tuteurés que sur une très courte période. En général une seule année. On teste la solidité de la plante avant de l’enlever.

L’entretien post-plantation

Les jours et les semaines après la plantation on suit particulièrement l’arrosage. L’objectif est de s’assurer que les nouvelles radicelles sont en contact avec l’eau. On conserve le sol de la motte et celui qui est autour de celle-ci constamment humide, mais sans excès. La meilleure manière de procéder est de remplir la cuvette après la première semaine. Par la suite, et pendant une bonne partie de l’été, on la remplit toutes les deux ou trois semaines. Dans le cas où le sol ne retient pas l’eau, ou encore si une période de canicule survient, ce remplissage peut être plus fréquent.

Mise en place au moment de la plantation, la cuvette d’arrosage doit y rester jusqu’à la reprise, c’est-à-dire jusqu’à ce que la plante recommence à pousser normalement. En général, 1 an pour les mini-mottes et les arbustes, 2 ans pour les gros arbustes et les arbres de petit calibre et 3 à 4 ans pour ceux de gros calibres. Une fois cette période passée, on étend la terre, on apporte du compost et on épand à nouveau du paillis. Pour un arbre de gros calibres, après deux ans, il faut défaire la cuvette et en refaire une plus grande afin de s’assurer que l’eau sera mise à la disposition des nouvelles racines.

Si l’on doit procéder à une taille de formation sur des plantes de bon calibre en pot ou en motte, on n’y procède pas au moment de la plantation. On attend, au minimum, une année de croissance active, ou mieux la reprise totale. En effet, les spécialistes considèrent aujourd’hui que les plants sont déjà suffisamment stressés au moment de la plantation pour ne pas avoir à leur faire subir des perturbations supplémentaires.

Dans le cas de jeunes arbres fruitiers que l’on souhaite diriger, tailler, palisser, etc., on procède à des tailles dès la première année.

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