Rusticité : une histoire de froid, mais pas seulement

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Qu’est-ce que la rusticité? Il en existe plusieurs définitions. Certains spécialistes la définissent comme la température en dessous de laquelle la plante est sérieusement abîmée par le froid. D’autres, comme l’aptitude d’une plante à supporter des conditions de vie hivernales difficiles. Dans le langage du jardinier, c’est la capacité d’une plante à résister au froid et aux conditions hivernales dans une région donnée.

On considère qu’une plante, sous sa forme d’espèce, de variété ou de cultivar, comme rustique quand elle peut résister à une fourchette de température minimale. On a donc regroupé les plantes par zone de froid ou « zone de rusticité ». Par exemple, une plante de zone 3a survit à des températures de -37,2 à -40 °C, une qui est plantée en zone 5b entre -23,3 et -26,1 °C. Au Canada il existe 10 zones, numérotées de 0, la plus froide, à 9 la plus chaude. On y a ajouté des sous-zones, le climat de la sous-zone « a » étant un peu plus rigoureux que celui de la sous-zone « b ». De plus en plus, on a tendance à ne plus indiquer les sous-zones.

La notion de rusticité s’applique aux plantes ligneuses, et donc aux arbres et arbustes fruitiers, aux plantes vivaces à feuillage persistant, parfois aux plantes vivaces herbacées, notamment dans les régions sans neige. La rusticité concerne la partie des plantes au-dessus de la neige, celle-ci étant un isolant. Une zone indique donc l’endroit qui offre les conditions de survie propice à la croissance d’une plante ligneuse.

Dans le système des zones, qui peut le plus peut le moins. C’est-à-dire qu’une plante de zone 3 survie en zone 5, mais que le contraire n’est pas possible. Il existe cependant une limite pour les plantes de zone 0, 1 et 2 qui ont souvent de la difficulté à se développer dans des zones beaucoup plus chaudes.

Le terme de rusticité s’applique aux plantes cultivées. Dans la nature les végétaux ne peuvent croître que dans un milieu qui leur est parfaitement favorable.

En plus des températures hivernales minimales, les climatologues utilisent plusieurs autres critères que la fourchette de température minimale pour définir une zone de rusticité :

  • la durée de la période sans gel;
  • les précipitations en été;
  • les températures maximales en été;
  • l’enneigement;
  • les pluies de janvier;
  • la vitesse maximale du vent.

Toutefois, ce système n’est pas sans limites. Selon Ressources naturelles Canada Canada : « L’information présentée sur cette carte indique la rusticité des plantes de façon générale seulement, et sa précision est de plus ou moins deux zones. En effet, des erreurs peuvent se glisser dans les données provenant des stations météorologiques, ainsi que dans les estimations effectuées entre les stations. De plus, la carte peut ne pas refléter les fluctuations du climat d’une année à l’autre, ainsi que les variations locales. En effet, des variations peuvent se produire à l’intérieur d’une zone à cause de certains facteurs locaux comme un changement dans la topographie, des variations dans la couverture neigeuse, des variations climatiques observées d’une année à l’autre, des événements météorologiques exceptionnels et même des techniques de jardinage qui ont un impact significatif sur la survie des plantes à un endroit donné. »

Il existe aussi d’autres facteurs qui influencent la rusticité d’une plante. Il s’agit de son âge, du type de sol dans lequel elle est plantée, l’altitude de l’aménagement, la position de la plante par rapport à son environnement (maison, construction, mur, treillis, haies) ainsi que l’entourage de la plante. En effet une plante seule est moins protégée du froid que des plantes en groupe.

De plus, la zone rusticité indiquée pour une plante n’est une donnée totalement fiable. Tout d’abord, parce que les zones de l’United States Departement of Agriculture (USDA) sont différentes des zones canadiennes. Il y a un décalage d’une zone. USDA commence à 1, alors que Ressources naturelles Canada commence à 0. Une plante zonée 4 USDA correspond à une zone 5 au Canada. Il y a aussi beaucoup de conditions en jeu. C’est pourquoi il est bon de tenir compte des expériences existantes et de s’adresser à un horticulteur de la région pour confirmer les conditions climatiques.

Pour connaître sa zone de rusticité, on consulte le site de Ressources naturelles Canada : Carte des zones de rusticité au Canada (1981-2010).

S’il existe un débat sur la carte à utiliser, l’ancienne ou la nouvelle, il n’y a aucun doute qu’il faut utiliser la nouvelle qui date de 2014. Celle-ci tient compte des effets du changement climatique sur les plantes, ce qui est facile à observer.

Le changement climatique commence à modifier de manière importante le comportement des végétaux. On a constaté que :

  • les pommiers et les vignes fleurissent une à deux semaines plus tôt qu’il y a 50 ans. Heureusement les insectes pollinisateurs semblent suivre les mêmes changements;
  • la saison de croissance est plus longue et les fruits peuvent devenir plus gros ou plus nombreux;
  • les épisodes de sécheresse ou de pluies intenses sont à la fois plus nombreux ou plus longs;
  • les impacts négatifs des insectes ravageurs et les maladies peuvent être plus élevés. De nouveaux parasites semblent aussi se développer.

D’un autre côté, ces modifications devraient permettre de cultiver des variétés d’abricots, de cerises douces, de pêches et certaines variétés de prunes présentant de bonnes aptitudes au froid dans des climats plus nordiques dans les régions moins clémentes avant le changement climatique.

On doit tenir compte de ces modifications. Si le changement climatique ne change en rien la côte de la plante, zone 3 par exemple, il étend les régions où cette plante peut être installée. Par exemple, on peut planter de nouvelles espèces à Montréal qui est passé de 5 en 6.

La rusticité a une influence sur l’installation de la protection hivernale. Celle-ci est inutile si la zone et la plante correspondent. Elle est parfois utile uniquement la première année. Elle est nécessaire pour les plantes en limite de zone et celles qui sont carrément hors zone.

On peut éviter l’installation de protection hivernale en choisissant au minimum des plantes rustiques dans la zone ou, encore mieux, d’une zone inférieure. On devrait aussi bien choisir l’emplacement de la plante, ex. : brise-vent, endroit peu venteux où la neige s’accumule. Il faudrait éviter de tailler après la mi-juillet et fertilisation entre la mi-juillet et le début octobre, car les plantes n’ont pas le temps de s’endurcir (s’aoûter) avant les froids.

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