Bien cultiver les pommes de terre pour ne pas faire patate

Cette émission est une présentation de Sème-saveurs, le spécialiste des plantes comestibles prêtes à planter.

Les pommes de terre sont originaires du Pérou et du sud-ouest de l’Amérique du Sud. Elles seraient cultivées depuis plus de 10 000 ans, au moins depuis 6 000 ans avec certitudes, par les Amérindiens d’Amérique du Sud. Elles font leur entrée en Europe au 16e siècle, mais elle ne devient une nourriture humaine que vers fin du 17e et du début du 18e siècle. Avant, on les utilisait pour nourrir les animaux. Aujourd’hui elles sont cultivées dans le monde entier.

Les tubercules peuvent prendre de nombreuses formes et couleurs. Selon les plus récents recensements, il y aurait plus de 10 000 variétés. Environ 5 000 sont des papas nativas, des variétés de pommes de terre cultivées par les Amérindiens d’Amérique du Sud. Sur les 5 000 variétés dites modernes, seulement une centaine est cultivée actuellement.

Les goûts des pommes de terre sont très variés. Elles peuvent goûter la terre, le beurre, la noisette, la châtaigne ou le sucre. Leur texture peut être farineuse, fine, fondante, moelleuse ou ferme.

Les pommes de terre, notamment celles qui ont une chair colorée, renferment des antioxydants. Elles sont surtout une source de fibres alimentaires. Les pommes de terre sont une excellente source de vitamine B6 et de cuivre, une bonne source de fer, manganèse et potassium et une source de magnésium, phosphore, zinc, vitamines B1, B2, B5, B9, C et K.

Les pommes de terre sont des plantes gourmandes et sobres, qui affectionnent une terre légère se drainant bien et une exposition au plein soleil. Selon la variété, on doit compter de 60 à 100 jours avant d’obtenir une récolte.

Les semences ramassées à la fin de la maturation des fruits n’étant pas « stables », on risque de ne pas récolter les mêmes variétés que l’année précédente, on multiplie les pommes de terre en plantant des tubercules. On les fait germer avant la plantation afin de réduire le temps passé au potager. Pour cela, on utilise les tubercules de la récolte antérieure. Par contre, si l’on fait face a d’importants problèmes de mildiou, il est préférable d’acheter de nouveaux tubercules. Attention, certaines pommes de terre vendues dans les épiceries reçoivent un traitement antigerminatif et ne donneront donc pas les résultats escomptés. En général, les pommes de terre issues de la culture biologique ne sont pas traitées. Pour faire germer les pommes de terre, on les dispose à la lumière, les uns à côté des autres, durant les 4 à 5 semaines qui précèdent la mise en terre. Un local où la température se situe entre 5 et 7 °C est idéal. Quand les yeux commencent à se développer, on place le tubercule de manière que les jeunes pousses pointent vers le haut.

La plantation des pommes de terre commence généralement en mai, jusqu’à un mois plus tard dans les régions plus froides. On attend que le sol ait atteint au moins 10 à 12 ºC. Après un bon apport de compost, les plants sont mis en terre à 8 à 12 cm de profondeur selon la variété. On laisse une distance de 25 à 30 cm entre les plants et 50 cm entre les rangs. Les germes devraient être placés vers le haut. Quand les jeunes pousses ont atteint 20 cm de haut, sur un sol exempt d’herbes indésirables, on butte les pieds des plantes de manière à leur faire produire plus de tubercules. En fait, les nouveaux tubercules se formeront sur les racines qui partent de la tige enterrée. Si on le désire, c’est après cette opération que l’on peut ajouter un paillis. On arrose régulièrement, mais sans détremper le sol. Les pommes de terre doivent être arrosées par temps sec et l’eau ne doit pas manquer au moment de la formation des tubercules. Comme elles sont gourmandes, on épand de l’engrais trois à quatre fois durant la culture.

À cause de leur type de culture particulier, et notamment le buttage, il est difficile d’associer les pommes de terre à d’autres cultures. Des plants de ciboulettes tiennent à distance les doryphores.

Quand on souhaite cultiver les pommes de terre en contenant, il est fortement suggéré d’utiliser un pot très haut, c’est-à-dire d’au moins 45 cm de profondeur et de 45 m de diamètre. En fait, plus le pot est haut, plus la récolte peut être abondante. Il faut compter 30 litres de terreau par plant. La culture est un peu particulière. On place au fond du pot de 10 à 15 cm de mélange, on installe les tubercules germés vers le haut et on recouvre de 5 à 6 cm de terreau. Au fur et à mesure que les plantes poussent, une fois par semaine, on ajoute 5 à 6 cm de terreau au pied des plantes. Cette opération remplace le buttage en pleine terre.

Les ennemis sont les doryphores de la pomme de terre et le mildiou. Les autres insectes ravageurs sont les pucerons, les altises, les cicadelles, les punaises, les vers blancs, les vers gris, les chrysoméles et les pyrales du maïs. Chez les maladies, on peut observer la tache des feuilles, la pourriture, la moisissure, le flétrissement bactérien et la gale.

Des feuilles dévorées par des insectes arrondis aux rayures longitudinales noires et beige clair ou des larves rougeâtres indiquent la présence des doryphores de la pomme de terre. Toutes les parties situées à l’extérieur du sol peuvent être affectées. Pour les tenir éloignés, en plus de favoriser les insectes bénéfiques indigènes, on peut, dès le début de saison, installer un filet anti-insectes qui peut rester jusqu’à la récolte. En plus de détruire les amas d’œufs sous les feuilles, on devrait aussi ramasser les adultes à la main.

Le mildiou se traduit par la présence de plaques brun vert d’aspect graisseux à la face supérieure des feuilles. La partie inférieure est parfois recouverte d’un duvet blanc. Les tiges et les pétioles portent des taches brunes, et les fruits sont déformés. Par prévention, on plante en sol bien drainé, on évite les excès d’azote et aussi de mouiller les feuilles. Quand la maladie est présente, on traite avec une solution à base de cuivre, de prêle, d’acide lactique et d’acide citrique ou de bicarbonate de soude. L’installation d’un filet anti-insectes évite la contamination des cultures de pomme de terre situées à proximité.

La récolte des pommes de terre peut débuter après la floraison. On vérifie que les tubercules sont bien colorés avant de commencer l’arrachage. Les pommes de terre primeurs peuvent être récoltées une fois que la floraison est finie. Pour celles de conservation, on attend leur plein développement. Quand, vers la fin de l’été, le feuillage commence à jaunir, on arrête les arrosages. On le laisse ensuite complètement se dessécher. C’est le signe que les pommes de terre sont prêtes. On les arrache délicatement à la fourche-bêche en prenant soin de ne pas abîmer les tubercules. On récolte au plein soleil afin que les tubercules s’assèchent rapidement. On les laisse ensuite sécher quelques heures, ou un à deux jours au soleil avant de les ramasser. On supprime les tubercules abîmés, malades ou pourris afin de ne pas contaminer les autres.

On ne lave pas les pommes de terre avant de les conserver. On se contente d’enlever la terre avec les mains. La fine couche qui reste sur la peau va protéger les tubercules de la pourriture. On lave les pommes de terre au moment de les cuisiner.

Attention, les pommes de terre verdâtres ne sont pas consommables et elles sont même toxiques. Les pommes de terre verdissent quand elles sont exposées à la lumière. En tournant ainsi au vert, les tubercules produisent de la chlorophylle qui favorise la production de la solanine. Même en petite quantité, ce composé organique peut être toxique. À noter que le feuillage, les fleurs et les baies, qui ont une haute teneur en solanine, sont toxiques.

Il existe un nombre infini de façons de manger les pommes de terre : purée, pilée, braisée, bouillie, frite, en croustille, etc.

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