Comment planter un potager en pleine terre?

Cette émission est une présentation d’Acti-sol,
 producteur d’engrais naturels efficaces, produits localement et recommandés par les professionnels.

Le déplacement de plants comportant des racines et des tiges est une technique totalement humaine puisque dans la nature, ce sont les graines qui sont déplacées et non les plants. La plantation est donc une opération stressante pour la plante, car elle n’est pas du tout naturelle.

Avant la plantation il est indispensable de choisir des plants de qualité. On vérifie que pour les plants de légumes ou de fines herbes :

  • il y a un bon rapport de volume entre le contenant et la plante. On évite d’acheter une grosse plante dans un petit contenant, car elle a sûrement subi un stress hydrique;
  • il n’y a pas de présence d’insectes ravageurs ou de maladies très visibles et problématiques;
  • les racines sont vivantes, vigoureuses, en santé et bien présentes dans le contenant (quand c’est possible de le vérifier);
  • les tiges sont exemptes de blessures.

Le moment où l’on fait les plantations est conditionné par l’origine de l’espèce. Les plantes originaires d’une zone au climat continental peuvent être plantées dans un sol frais ayant de 12 à 15 °C. Ce sont les betterave, échalote française, épinard, laitue, navet, oignon, oignon vert, panais, pois, poireau, radis, cerfeuil des jardins et persil frisé.

Les plantes originaires d’une zone à climat tropical ont besoin d’un sol bien réchauffé, de 17 à 20 °C. Il s’agit des aubergine, carotte, cerise de terre, citrouille, concombre, courge, courgette, haricot nain et grimpant, melon, pastèque, piment, pois, poivron, roquette, pomme de terre, tomate, basilic, coriandre et sarriette d’été. Les bette à carde, brocoli, chou, chou-fleur et chou frisé (kale) sont des exceptions qui malgré le fait qu’elles proviennent de climat plus frais préfèrent un sol plutôt chaud au moment de la plantation.

Afin de connaître la température du sol, on utilise un thermomètre. Un bon achat consiste à se procurer un thermomètre à compost avec une longue tige qui sert alors à la fois pour le sol et pour le compost. Pour connaître la température du sol, on enfonce la tige au minimum à la profondeur où se trouvera le fond de la motte une fois plantée. En effet, au printemps, la température sur le sol et dans le sol peut varier de plusieurs degrés.

La meilleure condition pour faire des plantations est une journée qui n’est pas trop chaude, si possible nuageuse. Si ce n’est pas possible, on plante le matin ou le soir. Tout comme les jardiniers, les jeunes plants peuvent souffrir de la chaleur s’ils sont transplantés par une journée très chaude et ensoleillée.

La mise en place d’un nouveau potager demande un travail plus important que par la suite. La meilleure technique consiste, s’il est présent, par commencer à enlever le gazon qui peut être récupéré pour faire du compost. On bêche ensuite sur une hauteur de 15 à 20 centimètres, idéalement de 25 à 30 cm. L’objectif est d’ameublir et d’améliorer la structure du sol, afin de permettre aux racines et à l’eau de bien y pénétrer. Si la surface est importante, on peut utiliser un rotoculteur. On favorise la location, car c’est l’unique fois que l’on utilisera cette machinerie. Une bonne méthode, surtout si le sol est très dur, consiste à commencer par ameublir le sol, puis à ajouter les amendements avant de les incorporer au sol par un nouveau bêchage. Certains jardiniers conseillent de recouvrir le gazon de carton et d’apporter de 25 à 30 cm de terre à jardin? Cette technique présente deux problèmes. Le premier, c’est qu’il s’agit d’une méthode qui n’est pas écologique. Elle encourage la destruction de sols agricoles et elle est génératrice de gaz à effet de serre notamment lors de la préparation et du transport. Utiliser les ressources existantes sur place est toujours la meilleure solution écologique. Le deuxième tient au fait que comme le gazon va être privé d’oxygène il se dégradera mal et que cette situation risque de créer un feutre difficile à pénétrer pour les racines. De plus, ce feutre risque aussi d’empêcher à l’eau de pénétrer dans le sol, et donc d’augmenter les risques d’un mauvais drainage. Avec un tel procédé, l’eau aura de la difficulté à remonter par capillarité ce qui augmentera les besoins en arrosage.

Après la première année et toutes les années qui suivent, les opérations de préparation du sol sont beaucoup plus faciles. En effet, on ne retourne plus le sol, on le brasse. On pratique de cette manière afin de protéger de la rhizosphère. Il s’agit d’une zone située dans les premiers centimètres du sol et qui est riche en micro-organismes comme des mycorhizes, des bactéries, des organismes décomposeurs et des vers de terre. Si l’on retourne le sol, cette fine couche, qui est le siège de la productivité du potager, est détruite et les récoltes sont moins abondantes… ou il faut compenser par des apports d’engrais. Pour réaliser cette opération, on utilise une griffe rotative ou bêche à griffes, ou encore une grelinette. Cette technique est une bonne nouvelle puisque la préparation du potager devient alors beaucoup moins difficile. Comme on ne retourne pas le sol, on apporte le compost ou les engrais naturels avant de brasser le sol. Ce n’est pas grave s’ils restent sur le sol puisqu’avec les pluies et les arrosages les éléments bénéfiques atteindront rapidement la rhizosphère.

La mise en terre de plants demande quelques précautions. Il est important de ne jamais marcher sur l’endroit où l’on va planter. C’est pourquoi l’organisation d’un potager avec des planches ou des carrés de culture est idéale. On doit toujours planter dans un sol humide, jamais sec et les plants mis en en terre doivent toujours avoir la motte est humide. Il est très difficile d’humidifier le sol et les mottes après la plantation. On commence par faire un trou de la profondeur de la motte. Pour les plantes très gourmandes, on peut ajouter du compost bien décomposé au fond du trou. On place le plant au même niveau que le sol et on ajuste le fond avec de la terre au besoin. On remplit le trou avec la terre du potager et on tasse avec le bout des doigts, jamais avec le plat de la main. On évite ainsi de créer une couche dure qui ne laissera pas passer l’eau. Au besoin on fait une petite cuvette d’arrosage et on arrose abondamment, la transplantation ayant détruit de nombreuses radicelles et poils absorbants, portent d’entrée de l’eau dans la plante. La plantation des tomates est différente. En effet, les tomates sont des lianes et elles émettent des racines sur leurs tiges. On peut donc supprimer les feuilles du bas, faire un trou plus profond, ou plus long, que la normale, afin de coucher la tige dans le sol, et placer du compost au fond du trou avant d’enterrer la tige le plus possible. On laisse au moins 10 cm de tige et de feuilles dépasser du sol. On peut aussi faire une plantation comme pour tout autre plant.